Procès Serge Maheshe : la veuve conteste ses avocats

L’affaire du procès en appel des présumés assassins du journaliste de Radio Okapi Serge Maheshe, les rebondissements se succèdent. Lors de la dernière audience, lundi dernier, à la Cour Militaire de Bukavu, le président de la Cour a fait état d’une lettre de la veuve de Serge Maheshe récusant ses avocats.
La Cour a refusé de verser ce document au dossier pour des raisons de procédure. Cette lettre, adressée en copie à la presse congolaise, est parvenue à radiookapi.net

« Moi, Catherine Sangara, constituée partie civile dans l’affaire de mon mari Serge Maheshe assassiné déclare ne pas être liée par les propos soutenus devant votre Cour par mon avocat. Ne m’ayant pas consultée sur sa stratégie de défense de mes intérêts, cela ne l’engage que personnellement et, par conséquent, je lui retire ma confiance.»rnCe sont ces mots que Catherine Sangara, la veuve de Serge Maheshe utilise au début de sa lettre. Elle y conteste la stratégie de ses avocats qui ont demandé que soient confirmées en appel les peines de mort prononcées au premier degré contre les 4 principaux accusés.
Réitérant sa volonté de connaître la vérité sur la mort de son mari, elle indique qu’elle ne souhaite pas que l’on condamne des gens sur des bases non solides et demande donc à la Cour militaire de Bukavu de ne pas tenir compte de la plaidoirie de ses avocats.
Contacté par nos soins, l’avocat principal de la Partie Civile, Maître Idesbald Byabuse dit connaître l’existence de cette lettre mais ne souhaite pas la commenter. Il s’en tient à sa position de défense des intérêts de la famille de Serge Maheshe.

Par ailleurs, les observateurs du procès Maheshe se sont félicités du réquisitoire du Ministère Public demandant l’abandon des charges contre les deux amis de Serge et présumés commanditaires de son assassinat. Ils restent cependant préoccupés par le sort réservé aux présumés auteurs du meurtre, contre lesquels le ministère public a requis la peine de mort. rnLa prochaine audience aura lieu ce mercredi.