Procès Chebeya: la Haute Cour militaire promet de trancher dans 8 jours sur l’inculpation du général Numbi

Des juges de la haute cour militaire le 17/07/2012 au CPRK, lors du procès Chebeya en appel. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

La Haute Cour militaire a pris l’affaire Chebeya en délibéré, à l’issue de l’audience de ce mardi 4 septembre. Elle a promis de statuer, dans un délai maximum de huit jours, sur la question de la comparution du général John Numbi, patron de la police congolaise suspendu, en tant que prévenu dans l’affaire de l’assassinat de Floribert  Chebeya et Fidèle Bazana.

Le débat sur les différentes requêtes des parties à ce procès a été clos ce mardi. Mais, d’après la partie civile, le ministère public est resté «combattif» à son encontre en prenant fait et cause pour les prévenus.

L’opinion attend des juges plus ou moins trois arrêts avant dire droit. Ces arrêts devraient porter sur deux requêtes de la partie civile tendant à obtenir des mesures conservatoires.

Il s’agit notamment de celle relative à la mise sous surveillance de la ferme privée du général John Numbi, qualifiée de «cimetière» par la partie civile. Celle-ci s’est basée sur le témoignage fait récemment au journaliste belge Thierry Michel par le major fugitif Paul Mwilambwe, selon lequel Fidele Bazana avait été enterré dans cette ferme.

Une autre mesure concerne la comparution ou non du général Numbi comme prévenu, étant mis en cause personnellement par le major Paul Mwilambwe, ainsi que celle de l’auditeur général, accusé d’avoir soustrait ce général de l’affaire.

Mais, le ministère public, la République civilement responsable et la défense plaident pour le rejet des requêtes de la partie civile, qu’elles jugent non fondées en droit et sans preuves.

Un autre arrêt devrait concerner la requête de la partie prévenue sollicitant la mise en liberté provisoire des accusés, qui se disent toujours innocents dans cette affaire.

Accusée de lenteur dans le traitement du dossier, notamment par l’Union européenne, la Cour s’est défendue, affirmant que la matière portée devant elle reste abondante grave, car «il y a eu mort d’hommes». Elle a dit vouloir examiner minutieusement cette affaire en toute sérénité pour «départager les parties de manière équitable».

Intervenant sur Radio Okapi, lundi 3 septembre, le chargé d’affaires de l’Union européenne en RDC, Bruno Hanses, a déploré la lenteur de la Haute Cour militaire, qui «ne s’est toujours pas prononcée» sur les requêtes lui présentées depuis le début des audiences en appel, le 19 juin.

Bruno Hanses a également accusé le ministère public de passivité:

«On observe aussi, à notre avis, une certaine passivité du ministère public, qui est censé prendre des mesures qui s’imposent lorsque de nouveaux éléments sont mis en avant. Ce devrait permettre peut-être d’ouvrir de nouvelles investigations pour compléter l’enquête qui a été menée avant le procès, en 2010

L’ancien directeur exécutif de la Voix des sans voix (VSV), Floribert Chebeya, a été assassiné et son corps retrouvé à Kinshasa, le 1er juin 2010 ; alors qu’il avait rendez-vous, la veille, avec le général John Numbi. Fidèle Bazana, qui l’accompagnait à ce rendez-vous, a été déclaré mort par un juge mais son corps n’a jamais été retrouvé.

Quatre officiers de la police ont été condamnés à mort à l’issue d’un procès de près de huit mois, le 23 juin 2011. Le procès s’est terminé sur un goût d’inachevé, selon les parties civiles. Il a repris en appel à la Haute Cour militaire, depuis le 19 juin dernier.

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