Lusaka : l'Afrique australe appelle à la publication des résultats de l'élection présidentielle au Zimbabwe

Les dirigeants des pays de cette région se sont réunis pendant 13 heures à Lusaka. Ils exhortent toutes les parties au processus électoral au Zimbabwe à accepter les résultats lorsqu’ils seront annoncés. Mais, pour l’analyste politique Philippe Buyoya, des pressions devraient être exercées pour une réelle indépendance de la commission électorale, rapporte radiookapi.net

Les dirigeants d’Afrique australe ont appelé à la publication « diligente » des résultats de l’élection présidentielle du 29 mars au Zimbabwe. Dans ce pays, la tension monte après deux semaines d’attente des résultats. Les présidents africains l’ont demandé à l’issu du sommet de la SADC tenu depuis samedi à Lusaka. Selon le communiqué final lu par le secrétaire général de la Communauté de développement d’Afrique australe, Tomaz Salomao, les chefs d’Etat et de gouvernement de la SADC « exhortent toutes les parties au processus électoral au Zimbabwe d’accepter les résultats lorsqu’ils seront annoncés. La vérification et le décompte des résultats doivent se faire en présence des candidats et de tous leurs représentants ».

Par ailleurs, les dirigeants d’Afrique australe ont demandé au président sud-africain Thabo Mbeki de poursuivre sa médiation au Zimbabwe pour trouver une issue à cette impasse post-électorale. De son côté, le parti de l’opposition zimbabwéenne, le MDC, demande à Thabo Mbeki de « faire preuve de plus de vigueur, de davantage d’ouverture et d’abandonner complètement sa diplomatie dite discrète » vis-à-vis du chef de l’Etat zimbabwéen, Robert Mugabe.

Pour l’analyste politique Philippe Buyoya, la SADC devrait demander plus qu’une simple publication des résultats et l’acceptation de ces résultats par les protagonistes zimbabwéens.
Il souhaite que les pressions soient exercées pour une réelle indépendance de la commission électorale zimbabwéenne. « Cette proposition des gouvernements, en fait, c’est un peu protocolaire. Ça ne fera pas le poids suffisant parce qu’il n’y a aucun mécanisme concret pour contraindre le Zimbabwe à aller vers la paix. Elle n’a pas le moyen de modifier le rapport de force à l’intérieur du Zimbabwe. Parce que là, on doit s’attendre à une sorte de radicalisation. Soit ce sera l’opposition qui sera mécontente parce qu’elle pense qu’elle a gagné et beaucoup d’observateurs la soutiendrait dans ce sens, ou c’est Mugabe qui va s’obstiner à refuser sa défaite, et qui cherchera à faire un coup d’Etat, ou encore à s’imposer de force. En ce moment là, quand on ne sait pas exactement comment dompter les rapports de force à l’intérieur pour le stabiliser, on peut s’attendre à toute évolution qui ne soit pas dans le sens de la paix régionale et de la paix zimbabwéenne. »