Ces avocats protestent contre la tentative d’assassinat de leur client. Ils l’ont déclaré à travers une lettre adressée le 26 mars dernier au premier président de la cour militaire de Bukavu. Freddy Bisimwa est l’un des condamnés dans le procès Serge Maheshe, journaliste de Radio Okapi assassiné 13 juin dernier à Bukavu, rappelle radiookapi.net
Cette lettre de protestation a fait l’objet d’un long débat mercredi dernier, au cours d’une audience en appel de l’assassinat du journaliste Serge Maheshe à la cour militaire. Les avocats du prévenu Freddy Bisimwa, condamné à mort en première instance dans cette affaire, exigent que les mobiles de cette tentative d’assassinat soient connus. Le capita général de la prison aurait passé à tabac le prévenu Freddy Bisimwa. Charles Tshubaka, avocat du prévenu, s’inquiète du silence du ministère public par rapport à cette question : « Aucune enquête n’a été menée. Pourtant, le ministère public a toutes les prérogatives pour s’enquérir de la situation. Finalement, si Freddy était mort dans cette situation, que serait devenu ce procès Serge Maheshe, parce que c’est Freddy Bisimwa qui est condamné à mort dans ce dossier, au premier degré. »
Selon ses avocats, Freddy Bisimwa reçoit des soins au sein même de la prison centrale de Bukavu. Quant au directeur de la prison, il est resté injoignable.
Par ailleurs, le ministère public estime que la bagarre qui s’est déroulée au sein de la prison est une affaire des prisonniers eux-mêmes. Pour l’auditeur militaire supérieur, le colonel Laurent Mutatalwa, l’auditorat ne traite pas avec des capita généraux : « La cour a eu le mérite de pouvoir interpeller la capita général de la prison. Ça n’a rien à avoir. Je crois que l’auditorat ne traite pas avec des capita généraux qui sont, du reste, des gens très hostiles aux magistrats. Donc, ça ne nous concerne en rien. Je ne vois pas comment on peut composer avec un milieu qui nous est hostile. »