L’Inspection générale de la Police nationale congolaise (IG-PNC) a interpellé en trois jours plus d’une vingtaine de policiers véreux ainsi que plusieurs faux policiers impliqués dans diverses irrégularités à Kinshasa. Ces arrestations sont intervenues dans le cadre d’une opération de contrôle et d’évaluation menée du 28 au 30 octobre par près de soixante-dix inspecteurs déployés dans plusieurs commissariats et sous-commissariats.
Selon l’IG-PNC, cette opération visait à identifier les policiers impliqués dans des violations de la loi, notamment en matière de protection des libertés individuelles, ainsi que les personnes exerçant illégalement des fonctions policières.
Parmi les personnes interpellées figurent plusieurs officiers de police judiciaire (OPJ) accusés de détentions arbitraires et illégales. Des individus se faisant passer pour des policiers ont également été arrêtés au cours des contrôles.
Des faux policiers démasqués
L’Inspection générale indique que plusieurs des personnes appréhendées ne disposaient ni de carte de service ni d’aucun document administratif attestant de leur qualité de policier. Selon les enquêteurs, ces individus auraient été recrutés de manière irrégulière par certains commandants de sous-commissariats, puis équipés d’uniformes et de matériel de police.
Toujours selon l’IG-PNC, ces faux policiers seraient impliqués dans divers abus, notamment des actes d’extorsion, de racket et d’autres infractions. Certains auraient même utilisé des civils comme éclaireurs dans leurs activités illégales.
L’institution précise que plusieurs de ces faux policiers sont d’anciens recrues ayant abandonné leur formation avant son terme ou n’ayant jamais finalisé les démarches administratives nécessaires à leur recrutement au sein de la Police nationale congolaise. Les commandants impliqués dans l'infliltration de ces faux policiers sont aussi recherchés, précisent l'IG-PNC.
Ces interpellations font suite aux instructions données par l’inspecteur général de la Police, le commissaire divisionnaire principal Patience Mushid Yav, lors d’une causerie morale tenue le 26 octobre avec ses collaborateurs. Il avait alors demandé aux inspecteurs de traquer tous les policiers impliqués dans des abus ternissant l’image de la Police nationale congolaise.
L’IG-PNC promet de poursuivre la traque
Le commissaire supérieur principal Donatien Ngoy, secrétaire de la coordination de l’opération, a prévenu que les contrôles se poursuivraient dans l’ensemble des unités de police.
« Voilà ceux qu’on a ramassés, qui se disent policiers et d’autres ne le sont même pas. Ils utilisent même des civils comme éclaireurs. C’est un message qu’on lance à tous les commandants et à tous les policiers afin qu’ils sachent que l’Inspection générale est derrière eux pour les traquer et les amener à répondre de leurs actes devant la justice », a-t-il déclaré.
De son côté, le commissaire supérieur Jean-Claude Tshibuyanga, qui a conduit l’une des équipes de contrôle, a appelé la population à collaborer avec l’Inspection générale en dénonçant les abus commis par certains policiers.
« Tous ceux que nous avons interpellés à l’Inspection générale ne sont qu’un échantillon. Nous savons qu’il y en a d’autres qui se cachent. La population peut toujours dénoncer les cas auprès de l’Inspection générale de la police, sur l’avenue de la Justice numéro 40, dans la commune de la Gombe », a-t-il indiqué.
Des détenus arbitrairement privés de liberté libérés
Au cours de cette opération, les inspecteurs ont également procédé à la libération de plusieurs personnes détenues de manière arbitraire ou irrégulière dans différents cachots visités.
Parmi elles, certains citoyens ont salué l’intervention de l’IG-PNC et souhaité la poursuite de telles opérations dans d’autres lieux de détention.
« Je suis vraiment très ravi du travail qu’abat l’Inspection générale. Je dis grandement merci. J’ai été libéré après un contrôle des cachots. J’encourage ce travail de l’IG-PNC. Que Dieu bénisse l’Inspection générale et qu’elle poursuive ce travail dans les autres cachots », a témoigné un ancien détenu.
Pour l’inspecteur général Patience Mushid Yav, ce coup de filet doit servir d’avertissement à tous les services de police, particulièrement aux unités de la Police de circulation routière ainsi qu’aux commissariats transformés en parkings des voitures, régulièrement accusés d’extorsion, de racket et de marchandage des services de police. Il affirme que la lutte contre ces pratiques restera une priorité de l’Inspection générale.








