L’inquiétude grandit au sein de la société civile et de la classe politique en Ituri face à la recrudescence des actes d’hostilité envers les équipes de riposte contre l'épidémie de maladie à virus Ebola. Une vive tension s’est observée lundi 5 octobre dans un centre de traitement d’Ebola (CTE) à Bunia où des manifestants en colère ont emporté de force deux dépouilles mortelles.
Ces incidents intervenus au centre de traitement d’Ebola situé à l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM) de Bunia, surviennent pourtant dans un contexte où la courbe épidémique amorçait une tendance à la baisse dans la province.
Les troubles ont éclaté à la suite du décès de deux patients pris en charge au centre de traitement d'Ebola. Alors qu’une équipe spécialisée de la Croix-Rouge s'organisait pour effectuer un enterrement digne et sécurisé conformément aux protocoles sanitaires, les familles des défunts, appuyées par un groupe de jeunes du quartier, se sont opposées à l'intervention.
Malgré les tirs de sommation et le recours aux gaz lacrymogènes par les forces de la Police nationale congolaise (PNC) pour disperser la foule, les manifestants ont réussi à s'emparer des corps et à les ramener au sein des communautés, faisant courir un risque majeur de propagation du virus.
Appels à la responsabilité et au renforcement des mesures de sécurité
Face à ce manquement grave aux règles d'hygiène publique, les leaders communautaires et les élus locaux tirent la sonnette d'alarme. Le député provincial Dudanga Kavarios condamne fermement ces comportements qui mettent en péril la vie de centaines de citoyens :
« Aller au niveau des CTE, retirer les corps de force, ramener ça dans les quartiers, c'est une manière de sacrifier les autres à la mort. Ebola existe. Nous devons prendre toutes les mesures possibles pour que nous ne puissions pas continuer à compter le nombre de morts. »
De son côté, la société civile de l'Ituri appelle les habitants à la prise de conscience et exhorte l'exécutif à sécuriser davantage les infrastructures de santé et à doter les sites de prise en charge des moyens nécessaires pour éviter tout nouvel incident :
« Avec ce comportement, on a peur que la situation redevienne grave. À chacun de se protéger, il faut protéger les autres. Le gouvernement doit nous aider pour que ce genre de pratiques s'arrêtent. »
Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, avait annoncé, le 2 octobre, une baisse significative du nombre de nouveaux cas de personnes atteintes du virus d’Ebola.








