Sud-Kivu : le gouvernement provincial dénonce l’extension des horaires à deux postes frontaliers contrôlés par l’AFC/M23

Dans un communiqué publié lundi 5 octobre, le gouvernement provincial du Sud-Kivu a exprimé son inquiétude face à l’extension des horaires de fermeture de deux postes frontaliers contrôlés par l’AFC/M23. Il s’agit du poste de Ruzizi 1er, à Bukavu, et de la Grande Barrière, à Goma.

Selon les nouvelles dispositions, ces deux postes restent désormais ouverts plus longtemps. À Ruzizi 1er, le passage est autorisé jusqu’à minuit, tandis qu’à la Grande Barrière, les activités se poursuivent jusqu’à deux heures du matin.

Risque d’entrée de nouvelles populations

Dans un communiqué signé lundi 5 octobre par son porte-parole, Didier Kabi, le gouvernement provincial du Sud-Kivu se dit particulièrement préoccupé par cette décision. Les autorités provinciales soulignent que cette mesure intervient dans un contexte marqué par d’importants déplacements de populations, l’occupation de plusieurs localités congolaises ainsi qu’une situation sécuritaire et humanitaire jugée toujours fragile.

Pour le gouvernement provincial, l’extension des horaires pourrait faciliter l’entrée de nouvelles populations sur le territoire congolais ainsi que leur installation dans les zones contrôlées par l’AFC/M23. Les autorités du Sud-Kivu mettent également en garde contre ce qu’elles présentent comme une évolution démographique et territoriale menée dans l’opacité. Elles estiment que cette situation pourrait modifier progressivement la composition de certaines zones du territoire national.

Le gouvernement provincial affirme par ailleurs son opposition à toute politique de déplacement, de remplacement ou d’installation forcée des populations en République démocratique du Congo.

« Transplantation des populations »

Les autorités provinciales appellent la communauté internationale à prendre des mesures face à cette situation. Elles demandent également aux Nations unies de suivre les mouvements de populations dans les zones contrôlées par l’AFC/M23.

Pour le gouvernement du Sud-Kivu, l’extension des horaires aux postes frontaliers ne constitue donc pas une simple mesure liée à la circulation des personnes et des biens. Elle soulève, selon lui, des préoccupations plus larges en matière de sécurité, de gestion des populations et de préservation de l’intégrité territoriale.

Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, mardi 29 septembre dernier à New York, le représentant de la RDC à l’ONU avait d’ailleurs évoqué « des informations font état de déplacements et de transplantation de populations rwandaises dans des localités congolaises vidées de leurs habitants à la suite de massacres perpétrés par l’armée rwandaise et l’AFC-M23 ».