La situation humanitaire se dégrade davantage dans la région de Fataki, au territoire de Djugu(Ituri), où, depuis bientôt deux semaines, des combats opposent les troupes de l’armée ougandaise (UPDF) aux miliciens de la CODECO. Des sources locales rapportent, ce jeudi 27 mars, que de nombreuses personnes sont en détresse. L’accès aux soins est devenu un casse-tête dans la zone, après la fermeture de l’hôpital général de Fataki il y a plusieurs jours. L’équipe médicale des casques bleus de la MONUSCO se dit débordée.
L’hôpital général de Fataki est fermé depuis trois semaines. Les médecins et les infirmiers ainsi que d’autres personnes avec des compétences médicales sont en fuite. C'est pourtant cette même main-d'œuvre que l'ONG Médecins sans frontières utilisait pour ses interventions dans la région, rapportent des sources médicales.
Les milices, sous la pression de l’armée ougandaise, exercent des représailles contre les personnes déplacées, jour et nuit, augmentant ainsi le nombre de victimes civiles, indiquent des sources sécuritaires.
Une situation qui affecte également les équipes médicales des casques bleus de la MONUSCO, sur place : personnel traumatisé par les atrocités, stress permanent, mais malgré tout, les casques bleus continuent à apporter leur soutien aux populations locales, y compris les déplacés, dans un contexte où le niveau des violences ne cesse d'augmenter, notamment dans la région de Fataki.
Au regard de l’évolution de cette crise, la situation sur le terrain va de mal en pis. Des acteurs humanitaires qui ont tout abandonné à Fataki en appellent à l’implication du Gouvernement pour le retour d’une paix durable dans Djugu.