Des familles de militaires et policiers en détresse après la prise de la ville de Goma par le M23

Des centaines de familles de militaires et de policiers vivent dans des conditions précaires depuis l’occupation de Goma par les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise. Après avoir fui les camps militaires de Katindo et d’autres sites, ces familles, composées de femmes, d’enfants et de blessés de guerre, se retrouvent sans abri ni assistance.

Ces familles ont trouvé refuge dans des écoles, chez des familles d’accueil ou dans des endroits de fortune. Mais aujourd’hui, les responsables scolaires leur demandent d’évacuer les salles de classe pour permettre la reprise des cours, ce qui plonge ces familles dans une incertitude totale.

Marie Solange, coordinatrice de l’association Union pour l’entraide mutuelle, décrit la situation dramatique de ces déplacés :

« Quand ils sont entrés, ils ont tiré en désordre. Tout le monde a fui, les gens sont morts. Nous avons été obligés de quitter le camp. Ceux qui avaient la possibilité de prendre quelque chose ont pu le faire. Mais d’autres n’ont pas pu, parce que cette guerre nous a pris par surprise. On ne s’attendait pas à ce qu’elle arrive en ville. Nous sommes sortis un dimanche. Chacun s’est réfugié là où il pouvait car ça tirait beaucoup. Certains sont allés dans des écoles, d’autres dans des familles d’accueil. Là ils n’ont même pas de médicaments en cas de maladie. »

Ces familles manquent de tout : nourriture, soins médicaux et sécurité. Les blessés et amputés ne bénéficient d’aucune prise en charge, et en cas de décès, aucun espace n’est prévu pour l’inhumation.

Dans un climat d’insécurité, les jeunes garçons sont particulièrement en danger, certains étant arrêtés par les rebelles qui les soupçonnent d’être des militaires, précise Marie-Solange.

Face à cette situation, elle lance un appel aux autorités et aux organisations humanitaires pour fournir une assistance d’urgence à ces familles.

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