L’ONG « Agence Francophone des Ecolos » a initié une pétition pour réclamer le découpage territorial du Nord-Kivu, qu’elle présente comme remède aux conflits intercommunautaires récurrents enregistrés ces dernières années dans la province.
Invité de Radio Okapi ce mercredi, le sénateur Jacques Djoli voit dans cette démarche le cri de désespoir d’une communauté face à une situation d’absence de l’autorité de l’Etat.
« C’est le reflet de l’absence de l’autorité de l’Etat dans la province. Nous assistons depuis pratiquement plus de dix ans à la détérioration de la sécurité dans cette partie du territoire national et la réponse de l’Etat, de ses alliés, y compris de la MONUSCO semblent inadéquates. Voilà pourquoi on en arrive à cette station que moi j’appelle de cri de désespoir », affirmé l’opposant.
Tout en reconnaissant aux initiateurs la légalité de leur démarche en se basant sur la constitution, M. Djoli trouve cependant « infondée », l’argument avancé.
« La raison avancée, la mauvaise cohabitation, est infondée. Parce que ce n’est pas à eux de mener cette démarche. C’est à l’Etat qu’il appartient d’assurer la cohabitation pacifique, l’intégration, l’harmonie au sein des groupes divers qui occupent un Etat. Il y a des Etats comme la Suisse où on trouve des gens qui parlent des langues italiennes, les francophones, les germanophones, et ça ne pose jamais de problème », argumente le sénateur qui déconseille cette démarche, estimant qu’elle est dangereuse pour un Etat encore fragile comme la RDC.
Jacques Djoli s’entretient avec Michel Kifinda Ngoy:
/sites/default/files/2018-05/invite_du_090518_jacques_djoli-web.mp3