Kinshasa: le MLC et le RCD/KML opposés à la révision constitutionnelle

André Mbata Betukumesu Mangu, auteur du livre sur l’abolition de la peine de mort et le constitutionnalisme en Afrique, lu la constitution de la RDC lors de la présentation de son ouvrage le 11/10/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Le Mouvement de libération du Congo (MLC) et le Rassemblement congolais pour la démocratie/Kisangani-Mouvement de libération (RDC/KML) ont désapprouvé la révision constitutionnelle annoncée par le Gouvernement. Dans le contexte pré-électoral actuel, selon le MLC, un tel projet viole l’esprit démocratique qui anime la constitution et celui de la cohésion nationale tant recherchée. Loi sacrée du pays, soutient le RDC/KML, la constitution ne doit pas subir des changements intempestifs au bon vouloir de la classe politique. 

Dans un point de presse tenu jeudi 12 juin au palais du peuple, les députés nationaux du RCD/KML ont fustigé la révision de la constitution, «quel que soit l’article concerné».

«C’est une méthode qui nous rappelle la IIe République. C’est trop rétrograde ! Chaque fois qu’il y a des enjeux politiques, surtout des enjeux électoraux, on veut modifier la constitution. Alors que les règles de jeu, qui sont déterminées d’avance, devraient aller jusqu’au bout», a affirmé le président ai du RDC/KML, le député Koloso Sumaili.

Pour lui, ce genre de révisions visent à orienter le jeu politique vers les gens qui sont au pouvoir.

Même son de cloche de la part du MLC. Dans un communiqué publié mercredi 11 juin, le parti de Jean-Pierre Bemba dit condamner le caractère flou qui entoure ce projet du gouvernement d’autant plus que les articles visés ne sont pas connus. Aux dires du secrétaire général adjoint et président du groupe parlementaire MLC et Alliés, Alexis Lenga wa Lenga, les projets de loi du Gouvernement ne sont que des stratégies fallacieuses qui en clair violent déjà l’article 220 de la constitution:

«On ne peut pas toucher à la loi électorale et aux dispositions constitutionnelles, pourquoi ? Prenez l’article 220, les gens pensent que l’article 220 ne concerne que le mandat présidentiel. L’article 220 interdit la révision de la constitution en ce qui concerne le suffrage universel. Lorsque vous prenez l’article 197, cet article prévoit un suffrage universel direct pour […] les députés provinciaux»

Pour lui, s’il faut passer du suffrage universel direct à indirect, «c’est déjà la violation de l’article 220. Donc, la révision confisque le droit des citoyens à élire directement leurs députés provinciaux, ce que l’article 220 interdit.»

Le conseil des ministres a adopté, lundi 9 juin, quatre nouveaux projets de loi, dont celui relatif  à la révision de certains articles de la Constitution. Les autres projets de loi portent sur le processus électoral. Ce réaménagement permettra de doter chaque niveau d’élections de dispositions légales particulières afin de faciliter leur organisation, a soutenu le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende, sans préciser les articles visés par cette modification.

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