Concertations nationales: l’opposition reprend sa participation aux Etats généraux sur le désarmement

Des participants aux concertations nations ouvert le 7/09/2013 à Kinshasa, par le Président Joseph Kabila. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Les délégués de l’opposition au sein du groupe thématique Désarmement, démobilisation, réinsertion sociale ou rapatriement des concertations nationales ont repris leur participation aux travaux. Ils s’en étaient retirés la veille pour protester contre l’absence de groupes armés à ces travaux censés traiter des causes de la guerre dans l’Est de la RDC.

Pour les opposants, la présence des représentants des groupes armés à ces états généraux est d’autant plus importante que les participants aux concertations ne disposent pas suffisamment de documents leur permettant de bien analyser la question.

Ils ont finalement accepté de reprendre leur participation après l’intervention du présidium qui leur a promis d’étudier la question de la participation des groupes armés aux travaux et de revenir en discuter avec eux.

« Nos amis de l’opposition pensent qu’ils peuvent nous rejoindre pour travailler tandis que cette question reste pendante entre le présidium et les leaders de l’opposition qui sont avec nous dans les concertations », a déclaré Boniface Balamage, modérateur du groupe thématique Désarmement, démobilisation, réinsertion sociale ou rapatriement.

Lisanga Bonganga, l’un des opposants qui ont claqué la porte le jeudi a affirmé, de son côté, que cette question sera bientôt résolue.

« Au plus tard ce soir ou demain matin, on va avoir une réunion avec les responsables de l’opposition et le présidium. C’est après cette réunion que nous allons lever l’option concernant la problématique des groupes armés », a-t-il indiqué.

Mais si au terme de cette réunion la question n’est toujours pas résolue, Lisanga Bonganga a estimé que le présidium devrait faire intervenir « l’accompagnement extérieur ». Le président du Congo Brazzaville a été désigné accompagnateur des concertations nationales pour faciliter la résolution de certaines questions.

En août dernier, le gouvernement congolais avait indiqué que les groupes armés en activité dans les provinces de l’Est de la République démocratique du Congo, y compris le M23, n’étaient pas invités aux concertations nationales convoquées par le chef de l’Etat Joseph Kabila pour consolider la cohésion nationale afin de mettre fin à la guerre dans l’Est de la RDC.

« Nous n’allons pas nous asseoir à la même table des Concertations nationales avec des gens qui tuent nos compatriotes dans l’Est du pays. Seuls ceux qui ont quitté les forces négatives pour réintégrer la vie civile peuvent y être acceptés s’ils en émettent le souhait », avait expliqué son porte-parole Lambert Mende.

Prince Mishiki, représentant des Maï-Maï à Walikale, au Nord-Kivu et porte-parole pour les groupes armés maï-maï de toute la RDC, a déclaré à RFI que la « haute hiérarchie » est à l’origine de cette « ostracisation ».

« Nous ne voyons pas comment on peut parler de la paix à l’est du Congo sans impliquer les acteurs principaux, les groupes armés, qui actuellement, contrôlent 70 % de l’est de la RDC », a-t-il confié à la radio française.

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